Valoriser ses travaux de recherche : les erreurs à ne pas faire !

Par Axel Pittet
Publié le 20 janvier 2023

En 2018, selon une enquête de l’Union Européenne, seulement 42% des citoyens de l’UE déclarent avoir une confiance élevée dans les institutions scientifiques. Chiffre en baisse suite à la crise de la COVID-19 où les chercheurs se sont retrouvés exposés médiatiquement, sans réels outils et compétences en communication.

Vous l’avez compris, il n’y a rien de pire qu’un propos incompris, déformé et réutilisé à tort. Encore plus aujourd’hui avec l’avènement des réseaux sociaux où les rumeurs et fakes news se propagent très rapidement (en moins de 3h en général).

Session de rattrapage donc, où notre équipe de spécialistes de la communication scientifique vous dévoile les 5 erreurs à éviter lorsque vous présentez vos travaux de recherche, votre thèse ou encore une publication au grand public ou à la presse.

Erreur 1 : se parler à soi-même lorsque vous vulgarisez vos travaux de recherche.

C’est un classique ! Nombreux sont les savants qui ne rendent pas accessibles leurs recherches et développent toujours avec la même structure leur présentation. Faire passer votre message demande quelques prérequis. D’abord, bien connaître votre auditoire (Étudiant ? Université ? Pairs ? Mécènes ? Industriel ?) en vous mettant à sa place : qu’a-t-il envie d’entendre ? Quelle est sa problématique ? Quels sont les points douloureux sur lesquels il faudra davantage d’explications ?

Si je devais résumer les mots forts de mon activité, comment pourrais-je le faire de manière simple et accessible ?

Pour vous aider, rappelez-vous en ce sens les propos de Bernard Weber dans l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, publiée en 1993 : entre ce que vous souhaitez dire (100%), ce que vous pensez dire, ce que vous savez dire, ce que vous dites réellement (70%) et ce que votre cible, écoute, comprend, admet puis répétera (10%), il y a une perte de 90% de votre message. La solution ? Faire le pari de ne pas tout dire en basant votre discours sur des idées fortes, utiliser des analogies et des comparaisons tout en piquant la curiosité.

Erreur 2 : ignorer l’intérêt de votre public lors du partage de connaissances.

Vous n’avez en réalité qu’un seul objectif : avoir le maximum d’impact en peu de temps. Vous devez être percutant en connaissant votre auditoire auquel vous faites face. Cela pourrait d’ailleurs être un article à part entière tant le « comportement du consommateur » (discipline marketing) est un domaine complexe. Vous pouvez cependant vous appuyer sur ces quelques conseils :

  • Reliez toujours votre travail aux préoccupations de votre cible : plus facile à dire qu’à faire, mais vous devez être capable d’étendre votre territoire de discussion. Si vous êtes face au grand public, repartez de généralités voire d’incompréhensions. Voici un exemple : « Pour beaucoup d’entre nous, le chercheur est quelqu’un avec une blouse blanche, des lunettes et un microscope, coupé des réalités. Il n’en est rien et j’ai 20 minutes pour vous prouver le contraire ». Vous déconstruisez ici des perceptions. Si vous êtes face à des entreprises, ayez une vision orientée résultat, montrez le chemin entrepreneurial pour faire matcher votre vision et vos objectifs. Bref, montrez votre analyse globale de la situation et votre capacité à être rigoureux dans vos travaux.
  • Acceptez toujours d’avoir plusieurs audiences : impossible de n’avoir qu’un seul message sinon vous acceptez le postulat que nous avons tous les mêmes savoirs en sciences. Sondez le niveau de votre auditoire et en fonction, donnez un cadre théorique qui soit accessible.
  • Utilisez des outils comme le SONCASE pour orienter votre discours : est-ce que votre public a besoin d’être rassuré ? (S de sécurité) ; est-ce qu’il a besoin d’être impressionné (O et N pour Orgueil et Nouveauté) ; est-ce qu’il a besoin de ne pas trop réfléchir (C de Confort), est-ce qu’il a besoin de comprendre le coût de vos recherches (A de Argent) ou encore de vous trouver accessible (S comme sympathie).

En réalité, vous l’avez compris, comprendre son audience demande de pratiquer, d’avoir une écoute active et surtout d’avoir un regard neuf. « Que puis-je leur apprendre ? Comment leur transmettre ma passion ? » Si vous souhaitez savoir quelles questions se pose votre public, interrogez AnswerThePublic en écrivant les mots qui définissent votre travail de recherche : https://answerthepublic.com

L’outil mettra en avant les requêtes des internautes. Attendez-vous à être surpris et challengé.

Devenez remarquable lorsque vous présentez vos travaux de recherche.

Erreur 3 : négliger la forme de votre présentation scientifique.

Si vous aussi, vous construisez vos PowerPoint au dernier moment pour une conférence ou une présentation, pas de panique. Mais lisez quand même attentivement nos conseils.

Contrairement à ce que l’on pense généralement, la forme est toute aussi importante que le fond. Avec l’expérience et nos nombreux accompagnements, nous affirmons une chose : peu de présentations sont attractives, compréhensibles et cohérentes. Pourquoi ? Parce qu’un des biais humains est de toujours vouloir trop en dire. Voici donc quelques règles rapides à appliquer :

  • Simple : pour beaucoup d’entre nous, simple veut dire « manque de travail ». C’est en réalité tout l’inverse. Plus votre visuel sera léger à lire, plus votre public se concentrera sur l’essentiel du message. Autrement dit : vous !
  • Une slide doit être mémorisable en 3 secondes : oubliez la vieille règle universitaire qui stipule « 1 slide, 1 minute ». C’est prouvé, nos temps d’attention sont en baisse. Soyez donc percutant en gardant du dynamisme. Il n’est par exemple pas interdit d’avoir 20 slides pour une présentation de 10 minutes. Tout dépend de comment vous construisez votre histoire et cherchez à interagir avec votre auditoire.
  • La règle des 3 C : Contraste, Confort, Cohérence : utilisez toujours les mêmes codes couleurs, n’insérez qu’une seule image par slide, ne les surchargez pas et utilisez la data visualisation pour mettre en avant des graphismes complexes.

Erreur 4 : ne parler que des résultats en communication scientifique sans être pédagogique.

Le chemin est souvent plus important que le sommet. Si ce poncif peut être relativisé, il n’empêche qu’il prend tout son sens quand on connaît les niveaux de défiance vis-à-vis des scientifiques. La raison ? Le grand public ne comprend pas réellement ce que font les chercheurs. Cela fait d’ailleurs dire à Etienne Klein, philosophe des Sciences, que le problème n’est pas tant la connaissance, mais la « connaissance de la connaissance », autrement dit notre incapacité à expliquer un savoir.

N’ayez donc pas peur de présenter les incertitudes et les limites de votre travail de recherche de manière transparente. Votre moteur est le doute ? Montrez-le. Si vous minimisez cela, vous créez une fausse impression de certitude et de toute-puissance vis-à-vis du savoir. Vous créez aussi un fossé avec vos audiences. À l’inverse, en le prouvant, vous montrez votre pleine conscience des enjeux sociétaux et des limites du savoir : cela renforce votre crédibilité.

Erreur 5 : dire que cela ne sert à rien ou que vous n’avez pas le temps.

Impossible de ne pas parler de la posture du chercheur vis-à-vis de la vulgarisation. Nombreux sont encore ceux qui avant même d’avoir un problème de méthode ont un problème de vision. La crise de la COVID-19 a mis en avant ce déficit de communication vis-à-vis de la société. Nul besoin de vous blâmer, personne ne vous a appris. C’est là que nous intervenons avec Perceptiom.

Gardez à l’esprit que communiquer vous permettra :

  • D’accroître votre image de marque et votre expertise, c’est-à-dire votre notoriété.
  • D’occuper de nouveaux territoires et de remporter des appels à projets, d’avoir davantage de légitimité auprès de vos pairs.
  • D’améliorer votre marque « employeur » car ce qui fait votre force, c’est votre capacité à attirer les futurs talents.

Ainsi, communiquer en tant que scientifique passe avant tout par une vision et une méthode maîtrisées. Après, cela demande également un nouvel état d’esprit quant à son métier afin d’allouer le temps nécessaire. C’est pour ces raisons que chez Perceptiom, nous voyons la vulgarisation scientifique comme un puzzle avec une vision 360° : chaque action est au service d’une autre action.

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